Nos arrières grand parents nous avait parlé de la Crise de 1929, nous parlerons sans doute à nos petits enfants de la Crise de 2008.
Du jamais vu, une crise tellement profonde qu’il est très difficile d’en connaître réellement l’origine.
Je ne me permettrai pas de donner mon avis sur les conséquences et les incidences de cette catastrophe au Maroc. D’autres le font mieux que moi et connaissent suffisamment bien le marché dans le pays pour aborder ce sujet. (je pense notamment à Laurent de Casawaves, qui a su dégager les fondamentaux de cette crise à travers ses revues de presse internationales).
Au coeur de cette crise par mon métier, et en contact direct avec les clients, j’aimerais apporter mon humble avis dans l’analyse de ce « tsunami financier« .
Au delà du problème des subprimes, dont la presse économique s’est fait plus que largement l’écho, Il s’agit, à mon sens, d’une crise sévère de liquidités sur des marchés dont le fondement est essentiellement un billet vert imprimé à tort et à travers.
Les subprimes ont été le facteur déclenchant, l’étincelle, dont le marché des devises prendra certainement le relais. Le déversement des Euros, Yen, Dollars par les Banques Centrales impuissantes, au discours incohérent et qui naviguent à vu, ne fera qu’alimenter la spéculation et entrainera sans doute d’autres institutions financières dans le déclin. Je ne pense réellement pas que les réunions des politiques visant à rassurer le marché puisse changer quoique ce soit pour l’instant, si ce n’est quelques soubresauts des valeurs totalement asphyxiées.
Immobilier, pouvoir d’achats, inflation, il est aujourd’hui quasiment impossible de mettre en garanti des avoirs dont la valeur « a fondu comme neige au soleil » pour emprunter. C’est donc finalement le fondement du capitalisme, et sa valeur étalon (le dollar) qui sont remise en cause.
Dans ce contexte, quelles décisions ?
Depuis le début de l’année déjà, nous avons conseillé nos clients de quitter le marché et de se mettre en cash, c’est à dire de « tout » vendre et de se placer en dépôts fiduciaires sur 3 ou 6 mois. Dès le mois de Juin, nous pensions voir un CAC40 à 3500 points….et nous y sommes (hallucinant!).
Evidemment aujourd’hui, ceux qui n’ont pas pris LA décision se retrouvent face à un dilemme : prendre ses pertes et se positionner sur les valeurs refuge comme l’or, ou attendre que cela remonte (conseil souvent donné par des professionnels pas trop professionnels
).
J’aurais peut être un avis plus mitigé :
A l’instar des gestionnaires de Fonds (mais surtout ceux des Fonds Hedgés, voir mon article sur la gestion alternative) vous pouvez également avoir une approche plus fondamentale de la société dont vous possédez des actions.
Je dirai d’ailleurs même qu’aujourd’hui, une grande partie de ce qui a été vendue l’a été par les spéculateurs et autres petits porteurs. Les Fonds d’investissements dont la stratégie est a plus long terme, sont encore positionnés sur les valeurs solides.
Si l’entreprise est saine, qu’elle dégage des profits et que vous l’appréciez peut être qu’il serait bon d’attendre, voire de réinvestir à moindre coût.
En revanche, sur le reste de votre portefeuille « dormant », sur des fonds libellés en devises par exemple, je crois qu’il serait bon de se positionner clairement sur l’or dont le potentiel peut être très surprenant sur un marché où l’on ne s’attend plus à faire des performances.
Dans tous les cas, je vous conseille vivement de prendre une décision dès maintenant, si ce n’est pas déjà fait, et de répartir au mieux vos avoirs. Gardez toutefois en tête que seule la diversification vous permettra d’échapper à cette catastrophe annoncée.

Jeremy
Caryl, en guise de catastrophe, je propose plutôt le terme d’ »apocalypse »…
Mais bon… sémantique, sémantique
En jouant l’avocat du diable:
>> Depuis le début de l’année déjà, nous avons conseillé nos clients de quitter le marché et de se mettre en cash, c’est à dire de “tout” vendre et de se placer en dépôts fiduciaires sur 3 ou 6 mois.
Le cash…le cash. Ce matin encore je me disais qu’un compte courant rémunéré (même à 0.50% comme en Suisse) ou un compte épargne rapporte bien plus que les investissments boursiers actuels (bourses, obligs, hedge funds) sur le court terme.
Le risque demeure… car nous sommes malgré tout dépendants de la santée réel de nos banque.
Un compte non investit dans une banque comme la Lehman Brothers, qui avait pourtant un rating excellent, ne nous arrange pas vraiment lorsque celle-ci fait faillite…
Thésauriser n’est bien sur pas une solution non plus… en sortant l’argent du circuit économique, bien placé sous le matelas, il reste a disposition et est décoléré de la santé de l’économie…
Ceci est bien sur faux!
Cet argent qui sort du circuit économique péjore la situation: l’argent ne travail pas, ne tourne pas (prêt interbancaire ou envers les clients), la confiance dans les banques et l’économie baisse d’autant plus, plus de liquidités, les épargnants prennent peur, vident les caisses des banques, et game over…).
Mais les épargnant ont peur, et ce comportement est humain (pour ne pas se faire voler son argent de poche à la récré, on le cache dans sa chaussure…)
>> attendre que cela remonte
Dans un certains sens, ceci est ce que nous faisons en nous plaçant en cash
>> Si l’entreprise est saine, qu’elle dégage des profits et que vous l’appréciez peut être qu’il serait bon d’attendre, voire de réinvestir à moindre coût.
Oui jusqu’à un certain point. Un exemple qui nous tiens à coeur: le cours AAPL
Lorsque le titre était à 200 USD, nous étions heureux d’en posséder. Il y avait même de la marge pour en faire un chouia plus.
Ce titre est aujourd’hui à 89.16 USD. Est-ce que la santé de la société va mal? Y a il moins de vente qu’avant? Windows Vista est il livré en standard avec un Mac?
Non bien sur, mais pouvons nous prendre le risque à de garder (ou de spéculer) cette valeur?
Est-ce un cour d’achat? De vente? La valeur du titre n’est absolument pas représentative, et l’achat (ou la vente) de ce titre est hautement spéculatif…
Il y a trop d’inconnu qui affecte la psychologie de l’investisseur.
Comment avoir envie d’investir en ce moment… et surtout pour un conseiller ou gérant.
Tout va mal, et tout le monde le sait. Une prise de position « trop » spéculative résulte sur une action qui sort souvent du cadre du mandat de gestion et est très/trop risqué pour le gérant ET le client par rapport aux possibilités de gains…
C’est bien l’or. Ca rassure l’or. Ce métal à survécu à des milliers d’années de révolutions, de crashs, de guerres et de politiques économiques.
Mais sous quelle forme? Les lingots sous le matelas ça fait mal à la nuque….
>>Gardez toutefois en tête que seule la diversification vous permettra d’échapper à cette catastrophe annoncée.
Ceci est le onzième commandement je crois?
Caryl
Bien résumé Jeremy et content d’avoir enfin ton point de vue éclairé
Je suis entièrement d’accord avec toi et à tous les niveaux.
En ce qui concerne les lingots d’or, je pense avoir trouvé la solution la mieux adaptée, mais je préfère que nous en parlions de visu (sur skype peut être). Ce marché, finalement assez restreint (on ne parle que de 2000 Tonnes d’or annuelle produite) reste une valeur sûre dans la mesure où les Etats reconstitueront certainement leurs réserves dans les années à venir afin de faire face aux crises futures. (Par exemple la Chine qui en train de se reconstituer sa réserve d’or et réduire son stock de dollar).
Le Maroc, en revanche, a fait un mauvais choix en ne consacrant que 2% de sa trésorerie sur l’or. L’ouverture tant attendue à une convertibilité totale en 2010 risque de voir le dirham dévaluer très fortement….
Bref, nous risquons de voir cet « apocalypse » (pour te reprendre) faire encore la une des journaux pendant longtemps…..
C’était peut être ça dont parlait Nostradamus… :-p
Remy
L’or, a 800 en 1970, a 850 en 2008, c’est bof comme placement a long terme.
Peut-etre que c’est different cette fois, je ne sais pas.
Le cash … is king, oui c’est sur maintenant … rétrospectivement.
Mais avoir du cash ce n’est pas investir.
Les obligations sont a déconseiller maintenant, trop haut, pas rentable, sauf si vous avez très peur.
Les actions, les fondamentaux, très bon conseil, méthode « value » biensure, c’est a dire pas cher (pas comme avoir AAPL a 200…).
Certains pays émergeant ont du potentiel a nouveau (Russie, Chine, Belgique (Rire)…).
Du spéculatif ? La il y a de quoi faire,
le mieux, si vous avez du cash maintenant (s’il vous en reste), trouver un hedge fund qui « vend la volatilité », c’est de l’argent facile, aucun risque. (Oui je m’avance mais vraiment, ça ne devrait pas être légal de faire de l’argent aussi facilement, c’est comme imprimer des billet)
Mais il faut faire vite.
La crise financière, la récession … l’armageddon … le paroxysme.
C’est le moment de mettre ce fameux cash au travail !
Boa
Concernant AAPL…meme si le cours reste a 90$ (ayant investit a 200$ suivant votre example), il continue a donner des dividendes i.e paye des interets…qui peuvent etre de l’ordre de 2%-8%…Tant que la boite ne coule pas, il n’y a pas de risque…sauf si le cours etait surevalué…
L’or peut monter a 2000 dollars mais il peut aussi baisser a 300 dollar, divisant par 3 sa valeur…a la fin comme en bourse, dans l’immobilier c’est une question de timing…
Kamal
Caryl,
Felicitations pour ton site, n’etant pas specialiste j’y apprend baucoup de choses.
J’ai une question pour toi, peux-tu expliquer stp en quoi la convertibilite totale du Dirham en 2010 risque de devaluer fortement notre monnaie.
Merci beaucoup.
Caryl
@Kamal
Merci pour ces compliments. C’est encourageant !
Pour répondre à ta question, la réponse est assez simple et relève d’une logique implacable :
Aujourd’hui, beaucoup de marocains ou d’étrangers vivants au Maroc possèdent des dirhams (En espèces ou à la Banque). N’étant pas considérée comme une monnaie »forte » (cela viendra peut être un jour, on ne sait jamais
) la plupart souhaitent aujourd’hui transformer leurs dirhams en Dollars ou en Euros…(il suffit de poser la question à n’importe qui pour s’en apercevoir, c’est un sport national que de trouver un moyen de les changer).
Heureusement l’Office des changes veille ! >:-)
Mais le jour ou le pays pourra changer les dirhams sans contrôle, (dans l’intérêt économique du pays c’est inéluctable !) Il y aura certainement un afflux énorme devises étrangères en échange du dirhams. Cette vente massive du dirham entraînera une dévaluation certaine !!!
Pour éviter cela, l’Etat Marocain mettra sans doute quelques limites à la vente afin d’éviter de voir sa monnaie perdre toute sa valeur.
Mais dans tous les cas ce sera un progrès énorme, encourageant les investissements extérieurs tout en facilitant le négoce.
L’avenir nous le dira…
Kamal
Merci d’avoir pris le temps de donner cette reponse claire. En effet c’est logique, si je comprend bien une des consequence de cette devaluation serait une inflation galopante ( ou peut etre je me trompe).
Christopher
Que dire -22 % en une semaine. Exubérance des marchés comme d’habitude. Les crises font parties des marchés… je prend le parie que dans 2 ans le CAC aura largement repris ces pertes.
Par expérience, il faut savoir garder la tête froide et sur les niveaux actuels de bonnes opportunités existent.
Caryl
@ Kamal
Non, il n’y aura pas forcément d’inflation galopante et cette dévaluation peut être positive.
Je m’explique :
L’inflation est une augmentation générale des prix due un changement (souvent une augmentation du prix des matières premières, actuellement bien visible).
En revanche, on parle de dévaluation lorsque le taux de change de la monnaie se déprécie par rapport à une monnaie de référence, ou un panier de monnaies.
Il n’y a donc pas de relation cause à effet. Il peut y avoir une inflation galopante mais pas de dévaluation.
Cette dévaluation pourra avoir des effets positifs immédiat au contraire :
La limitation des importations (plus chères) par exemple, et une augmentation de nos exportations (nos produits sont vendus moins chers dans les autres pays). De cette façon, l’économie nationale peut être fortement encouragée.
En conséquence, cette dépréciation du taux de change réel peut être bonne pour le pouvoir d’achat, surtout pour pour les individus les plus pauvres. L’effet immédiat et positif sur la demande de travail du secteur des bien échangeables devrait aussi permettre l’augmentation des salaires et réduire le chômage.
Tout le travail de l’Etat Marocain sera de bien préparer cette transition.
@ Christopher
Content de te lire ici ! Pour faire référence à ce que tu dis, j’ai préféré conserver mes valeurs en priant tous les jours de ne pas paniquer. J’espère que le temps me donnera raison. Les news de ce matin semblent aller dans le bon sens….j’attends l’ouverture de Wall Street !
Ça doit être chaud chez zonebourse (http://www.zonebourse.com/) en ce moment !
hicham19
Bonjour,
Il y a quand meme un truc qui est bizzare,
on nous parle en france de crise des consequences etc… on nous prevois des trucs.Mais au niveau de la causeon ne nous dit rien.
tout est flou! alors ont nous parles des banques au USA qui ont trop jouer en bourse et comme economie mondiale y est lié tous le monde subit la crise, je suis desolé mais c’est quand meme léger et pas clair tous ça !!!
Parce que pour que ça s’effondre du jour au lendemain comme ça c’est bien qu’il y a eut un facteur déclencheur soudains ! non ?
Lune
A Hicham19…
*Crise des subprimes : une explication très simple pour ceux qui essayent encore de comprendre.
Alors voilà, Mme Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de
Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses
fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.
Vu qu’elle vend à crédit, Mme Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du « calva » et du ballon de rouge.
Le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale, quant à lui, pense que les « ardoises » du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables et commence à faire crédit à Mme Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.
Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs
recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles
financiers que nul n’est capable de comprendre.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, aux Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (càd les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).
Ces « dérivés » sont alors négociés pendant des années comme s’il s’agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.
Jusqu’au jour où quelqu’un se rend compte que les alcoolos du troquet de
Bertincourt n’ont pas un rond pour payer leurs dettes.
La buvette de Mme Ginette fait faillite.
Et le monde entier l’a dans le …
hicham19
Haaaaaaaaa je comprend maintenant, tout s’explique!!!!!
C’etait donc de la faute a mme ginette !!!!!!
hahahhahahahhahaha
Merci pour ton explication mais tu a oublier la mrale de l’histoire :
Le monde n’est diriger que par des ivrognes qui ne savent pas ou ils vont!
hhahahaha
A bientot et merci